Interview de l'entreprise TRANSARC

Nous vous livrons le premier entretien avec Damien RAMEAU, gérant de TRANSARC et Céline MONTURET, responsable de secteur sur l’Yonne.
 

TRANSARC, « Transport par autocars Robert Credoz » du nom du fondateur de l’entreprise créée en 1932, est, à l’origine, un groupe familial autocariste de Lons Le Saunier. Après avoir travaillé plusieurs années à l’étranger, Damien RAMEAU la rachète en 2011 pour un retour à Lons d’où son épouse est originaire.

L’activité principale du groupe à 80% est le transport scolaire et ce qui tourne autour, sorties scolaires, piscine, classes vertes… ; les 20% restant sont des transports occasionnels et touristiques pour des associations, comités d’entreprise….

Le groupe couvrait alors 5 départements : le Jura, la Côte d’Or, le Doubs, l’Ain et la Saône et Loire. Le gérant a rajouté deux secteurs : l’Yonne en 2012 et l’Isère. L’Yonne arrive déjà en quatrième position sur les sept départements.

Lors du rachat du groupe en 2011, la société employait 190 salariés. A ce jour, TRANSARC compte 350 salariés en tout, dont 320 conducteurs de cars et également 320 cars.
En 2012, quand TRANSARC a racheté TRMC, entreprise de Saint-Julien-du-Sault, il y avait 8 salariés. Damien RAMEAU les a gardés, ils ont constitué le « noyau dur » du départ ; l’équipe icaunaise est maintenant constituée de 34 salariés !

Quand TRANSARC a créé sa filiale jovinienne, c’est à Saint-Aubin-sur-Yonne qu’elle s’est installée par opportunité, un conducteur avait un terrain pour garer quelques cars, un appartement où installer un bureau… Une belle solidarité des salariés qui souhaitaient que la nouvelle entreprise réussisse.
Cela a permis un démarrage rapide. Deux ans plus tard, étant passée de 8 à 34 salariés et plus de25 cars, l’entreprise avait besoin d’une structure plus adaptée. Tout d’abord, un accès routier suffisamment large pour accéder au parking ; actuellement, il s’agit d’une petite rue assez étroite au milieu du village et des habitations et le parking ne peut accueillir que 6 à 8 cars. Les autres cars sont garés à proximité des domiciles des chauffeurs.

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Céline MONTURET, responsable secteur Yonne sur Joigny,
sur le futur site de TRANSARC

CCJ :  Pourquoi l’Yonne ?

D.R. : Le département se situe sur l’axe Lons/Paris et permet donc d’ouvrir l’entreprise à davantage de marchés. Economiquement, c’est plus rentable aussi, par exemple un seul chauffeur est nécessaire au départ de Lons, puis un autre à Joigny au lieu de deux chauffeurs au départ de Lons, pour se rendre à Paris.

CCJ : Pourquoi Joigny ?

D.R. : Le critère essentiel pour choisir un nouveau lieu est de ne pas effectuer de kilomètres à vide ; il faut donc être proche de son marché. Le secteur scolaire que nous avons est Joigny, Villeneuve-sur-Yonne, Saint-Julien-du-Sault, Aillant-sur-Tholon… La ville de Joigny est donc centrale ; d’autant plus que c’est le plus gros secteur scolaire que nous avons. Huit conducteurs partent de Joigny, les autres conducteurs sont « au pied » d’un circuit et gare leur car chez eux ou à proximité.
Joigny, aussi, car il n’y avait pas de concurrence comme à Auxerre ou à Sens avec de gros groupes autocaristes. Nous sommes le seul autocariste implanté à à Joigny.

Souhaitant nous installer à Joigny, « nous avons ramé » pour trouver le bon interlocuteur. Au début, nous avons contacté les agences immobilières qui ne comprenaient pas notre demande ou ne nous donnaient pas de retour.
Quand nous avons contacté la CCJ, tout a été rapide, très efficace, impeccable !
Monsieur Clément Benoit, qui s’occupe du développement économique du territoire, nous a indiqué un terrain correspondant à nos besoins, en nous donnant la superficie, le plan et le prix ; tout cela en 30 minutes.

Nous avons donc choisi ce terrain route de Montargis, entre SERVET–DUCHEMIN et ERTOP. Nous espérons que fin septembre l’entrée du terrain, la clôture et l’enrobé du parking seront finalisés afin de pouvoir accueillir nos 25 cars ; c’est ce qui est prioritaire dans un premier temps. D’ici la fin de l’année nous pensons avoir des bureaux pour 3 ou 4 personnes ; nous n’avons pas besoin de plus.

CCJ : Quelles sont les valeurs de votre entreprise ?

D.R. : Nous nommons « TISS » les vraies valeurs au quotidien de notre entreprise :
T pour Transparence. Vis-à-vis de nos salariés qui doivent l’être en retour et vis-à-vis de nos clients afin de gérer d’éventuels problèmes le plus rapidement et efficacement possible.
I pour Innovation. Elle est liée à l’approche du métier où les prix doivent toujours être à la baisse et les clients exigeants. L’entreprise doit innover pour plus de volume et plus de qualité.
S pour Sécurité. Primordiale dans notre métier.
S pour Services. Service et qualité afin de toujours améliorer nos performances.

Le groupe est en pleine croissance avec un taux de 10% par an.
Il y a sept responsables secteurs, un par département. Ils travaillent ensemble grâce à des logiciels métiers spécifiques. Il faut une très grande organisation pour avoir une grande souplesse des horaires.

CCJ : En quoi votre entreprise est innovante ?

D.R. : Le groupe est totalement « intégré » ; il s’agit d’une intégration verticale.
Notre métier de base est le transport de personnes ; mais afin d’être performant, nous avons notre propre structure de formation ; pour 320 conducteurs, c’est efficace et rentable ainsi que notre structure d’entretien de véhicules.

Dès leur arrivée chez TRANSARC et pendant toute leur activité au sein de l'entreprise, les conducteurs sont pris en charge et suivis par CAR FORMATION. Le formateur est présent pour répondre aux questions des conducteurs, et apporte un suivi sur l'évolution de la réglementation des transports. C'est un atout pour le service exploitation qui se doit d'organiser les transports sans sortir du cadre réglementaire. La formation continue obligatoire est donc assurée en interne, avec en plus, des formations « sur-mesure » pour une sécurité maximum. L’auto-école du Jura appartient au groupe, cette intégration permet l’acquisition du PERMIS autocar (PERMIS D). Le conducteur doit être « au top » dès le premier jour de sa prise de service.
Par ailleurs, le groupe est doté d'une structure indépendante pour l'entretien des véhicules : CAR ENTRETIEN, située à Lons-le-Saunier et d'un véhicule Assistance - Dépannage. L'entretien préventif et la sécurité du matériel sont les priorités de CAR ENTRETIEN. C'est pourquoi, l'ensemble du parc est régulièrement vérifié. CAR ENTRETIEN est chargé du suivi des visites obligatoires réglementaires et a adopté une organisation lui permettant de connaître et de remédier rapidement aux anomalies détectées par les conducteurs.
La maintenance et le dépannage sont internes au groupe.

Le parc de véhicules est essentiellement composé de véhicules de la marque Mercedes, il y a une grande homogénéité. Cela fait sept ans que nous achetons les mêmes cars « Mercedes Intouro » et nos mécaniciens les connaissent par cœur !

Cette intégration verticale permet d’avoir des hommes et des femmes formés et des véhicules performants.

CCJ : Quels sont vos axes de développement ?

D.R. : Notre modèle est « Easy Jet » : avions neufs, toujours le même modèle et billets pas chers.
Un « low cost » de qualité.
Nous ne prenons pas un marché si nous ne savons pas faire, nous ne voulons pas déroger à notre « business model ». Par exemple, nous n’avons pas répondu à l’appel d’offre pour la « P’tite navette » de Joigny l’an dernier, nous n’étions pas prêts. Cette année, nous y avons répondu et sommes en attente de la réponse…

Le « low cost » demande une organisation et il y a une taille critique en dessous de laquelle il n’est pas possible de l’appliquer. Avec 10 à 20 cars, ce n’est même pas la peine d’y penser ; il faut au minimum 100 cars ; TRANSARC en possèdent 320.
Il faut aussi des cars de différentes tailles afin de ne pas utiliser un car de 50 places pour 28 enfants ; cela reviendrait plus cher en carburant et le bilan carbone serait mauvais.

Il faut savoir qu’un car coûte environ 150 000 euros, l’aspect gestion et finance est donc très important dans notre métier. Il faut investir une lourde somme avant que ne rentre le premier euro d’un nouveau marché. La rentabilité est d’environ 2 à 3 % ; ce qui n’est pas si mal en cette période de crise. Ce qui joue en notre faveur c’est que nous avons une grande visibilité car les marchés conclus sont de longues durées.
La moyenne d’âge de notre parc est de 5,4 ans. Ainsi le coût de la maintenance est peu élevé, il y a moins de pannes et les clients sont satisfaits. La durée de vie d’un car est d’environ 20 ans, nous les revendons avant qu’ils n’aient 10 ans.

CCJ : Vous pensez donc qu’il faut investir même en période de crise ?

D.R. : Les investissements génèrent moins de gains, mais aussi moins d’impôts.
Si une entreprise veut croître, il faut qu’elle investisse ; surtout si c’est la crise. Si elle prend du retard ou fait une pause dans ses investissements, l’entreprise perd du terrain ; c’est obligatoire. Et pour rattraper le retard, c’est parfois impossible !

La France est en crise depuis 30 ans et en « crise grave » depuis 5 ans, j’ai longtemps travaillé à l’étranger où la crise est bien plus forte. Ici, c’est une crise de confiance. Investir est la seule solution pour s’en sortir par le haut. D’autant plus qu’actuellement les taux d’intérêts sont très bas et que la Banque Publique d’Investissements soutient les projets d’entreprises. Depuis 2 ans, des mesures sont prises en faveur des entreprises, il faut donc avoir confiance et investir ! Cela est possible quand on a 40 ans ; mais pas 60 ans car le problème en France est la transmission d’entreprise qui est trop taxée ; là, la solution n’a pas encore été trouvée…

J’ai investi 100% de mes économies dans cette entreprise, je ne touche pas de dividendes, je réinvestis tout et en tant que gérant, pas de chômage si ça ne marche pas. Mais je ne voulais plus travailler pour les autres…