Interview de l'entreprise BIDV

Interwiew de Monsieur Sébastien LEPRUN gérant de l’entreprise BIDV
« Broyage Icaunais de Déchets Verts »

BIDV photo M Leprun    BIDV photo plate forme broyage

CCJ : Qu’est-ce qu’une plate-forme de broyage ?

S.L. : Une plate-forme de broyage est une plate-forme où sont apportés des déchets verts, branchages… qui sont ensuite transformés en compost par fermentation après avoir été broyés.
Du bois de type palettes, touret, caisses… sont également broyés afin de faire du broyat de bois.

CCJ : Quel est le but de ces opérations ?

S.L. : Le but est de changer le statut des « déchets » pour qu’ils deviennent des « produits ». Cette transformation permet que le compost produit soit ensuite utilisé par des agriculteurs, des particuliers… comme engrais afin d’utiliser un engrais naturel pour l’épandage.

Le bois broyé de catégorie A est utilisé pour alimenter des chaufferies industrielles.

Pour ces deux catégories, des analyses sont faites pour que les normes soient respectées.

 

 BIDV photo tas compost    BIDV photo boryat bois

CCJ : Quels sont les processus pour passer du statut de "déchet" à celui de "produit" ?

S.L. : Pour les déchets verts, ils doivent, dans un premier temps, être broyés. Ils sont ensuite mis en tas pour qu’ils fermentent pendant 4 à 5 mois et atteignent ainsi la température de 70° afin de tuer les « mauvaises graines » (liseron…). Pendant cette période, le compost doit être aéré régulièrement. Ce compost est équivalent à du fumier, mais sans l’odeur ! Enfin, il est passé au crible pour éliminer les parties non fines.

Concernant le bois, il est également broyé pour que palettes et caisses deviennent du broyat de bois facilement transportable et acheminable vers des chaufferies industrielles. Les parties « grossières » des déchets verts sont aussi récupérées pour rejoindre le broyat de bois et être utilisées en chaufferies industrielles. Tout est recyclable !

CCJ : Comment vous est venue cette idée de plate-forme de compostage ?

S.L. : Je suis marchand de bois depuis plus de 10 ans et j’ai rencontré des paysagistes qui avaient des problèmes d’évacuation et de traitement de leurs déchets verts. J’ai donc eu l’idée de créer cette plate-forme en décembre 2013.

CCJ : Êtes-vous satisfait des résultats de cette activité au bout d’un an ?

S.L. : L’activité perce tranquillement, mais il faut avoir les reins solides au départ car cela représente de gros investissements (environ 500 000€ pour le broyeur, la plate-forme, le tracteur, le pont bascule, le crible…). Comme je travaille seul, je m’en sors, mais je travaille 7 jours sur 7…

 CCJ : Quelle est votre ambition à plus long terme ?

S.L. : Mon ambition est d’agrandir mon activité, d’avoir plus de marchés, bien sûr. Je suis actuellement en phase d’investissement plus acheter un plus grand terrain. Je dispose actuellement de 5 000 m² pour la plate-forme et j’envisage d’avoir un hectare supplémentaire.

CCJ : Parlez-nous des marchés et de la concurrence.

S.L. : C’est un milieu très concurrentiel, pour le broyat de bois. C’est très long de trouver des filières, il y a peu de chaufferies industrielles dans l’Yonne. Je revends à de gros composteurs parisiens qui eux-mêmes revendent à des industries pour leurs chaufferies. Mes produits vont également dans l’Ain, à Chalons, dans toute la France, en fait, et même à l’étranger, notamment en Belgique.

CCJ : Où trouvez-vous les déchets que vous transformez ?

S.L. : Pour les déchets verts, il y a peu ou pas de dépôts de particuliers, ce sont plutôt des paysagistes qui viennent faire des dépôts. Je réponds également à des appels d’offres de collectivités. Ainsi, j’ai remporté celui de l’enlèvement des déchets verts des déchèteries de Joigny et de Saint Julien du Sault ; étant plus proche que le précédent prestataire, le coût de transport est diminué et mon entreprise est plus concurrentiel pour la Communauté de communes du Jovinien. Je travaille aussi pour celle de Villeneuve sur Yonne et d’autres communautés de communes, ainsi que d’importants cultivateurs. Ces déchets viennent exclusivement de l’Yonne et des départements limitrophes.

Pour les déchets bois, ce sont des transporteurs qui viennent apporter des palettes, caisses et tourets afin d’évacuer ces déchets provenant d’entreprises. Ces mêmes transporteurs peuvent également remporter du broyat de bois pour les chaufferies.

Je n’effectue pas de livraison, ce sont les clients qui viennent chercher les produits dont ils ont besoin.
Financièrement, le paiement d’un dépôt s’effectue à la tonne ou au m3 et le retrait d’un produit à la tonne.

CCJ : La population a communément tendance à penser qu’à cause de la crise ce n’est pas le moment d’investir, qu’en pensez-vous ?

S.L. : Bien au contraire, il y a du travail, mais il faut investir financièrement et avoir envie de s’investir personnellement sans limite…