Interview de Monsieur RICHARD, BEAUJARD AGENCEMENT

        

           BEAUJARD M RICHARD BEAUJARD EXTERIEUR
 

Créée en 1995, Monsieur François RICHARD a repris l’entreprise BEAUJARD en avril 2013.

CCJ : Quelle est l’activité de l’entreprise ?

F.R. : L’entreprise jovinienne est connue localement pour l’agencement de cuisines, salles de bains et dressing qui s’adresse aux particuliers ; mais la majeure partie de son activité, moins connue du public, est la fabrication de mobilier et d’agencement de surfaces de vente sur toute la France.

La première activité représente environ 10% du chiffre d’affaires, la seconde 70% et une troisième vient compléter les deux autres, celle de la pose du mobilier en magasin qui représente environ 20%.

L’activité principale regroupe la réalisation de mobilier bois et travaux de menuiserie d’après plan, la fourniture de mobilier métallique et de mobilier spécial (verre, inox, alu…), aménagement et agencement de surfaces de ventes et de structures spécialisées ; ainsi que le montage et l’installation sur site. L’atelier de Joigny fabrique le mobilier bois et nous avons recours à la sous-traitance pour tout ce qui est métal, verre et multi matériaux. Nos sous-traitants sont des sous-traitants historiques de Monsieur BEAUJARD, donc de confiance ; la qualité et les délais sont ainsi maîtrisés.

                 BEAUJARD MACHINES 1

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CCJ : Quel est votre profil, votre parcours, qu’est-ce qui vous a amené à racheter l’entreprise BEAUJARD ?

F.R. : J’ai 50 ans, je suis originaire de Beaune. J’ai un profil un peu atypique, j’ai commencé ma carrière dans l’automobile, chez PSA et j’y ai travaillé pendant 12 ans en ressources humaines, tout en ayant une formation scientifique. Les restructurations de l’entreprise m’ont amené à m’intéresser à tous les services et métiers de l’entreprise.
En 2004, après l’automobile, j’ai intégré le secteur de la fabrication de mobilier en tant que Directeur des Ressources Humaines chez HMY, à Monéteau, pour la France et l’étranger.
Il m’a ensuite été confié des missions transversales de réorganisation commerciale et de création de nouveaux services pour la société. Ces missions m’ont beaucoup plu et je me suis occupé des nouveaux services du groupe, quittant ma fonction de DRH.
J’ai pris la présidence d’une société du groupe pour la pose et le service après-vente : HMY Retail Services. J’ai recruté 100 personnes en 6 mois, créé 8 agences régionales avec 3 superviseurs.
C’était mes débuts en agencement de magasins ; deux ans plus tard, HMY me confiait la direction d’une usine en région parisienne en plus de mes autres fonctions.

Avec mes compétences en industrie, commerce, ressources humaines et finances, j’ai commencé à me poser la question d’avoir ma propre affaire…
Je me suis lancé avec Monsieur BEAUJARD, que je connaissais et qui voulait passer la main. Nous nous sommes rencontrés en juillet 2012 pour en parler. Je suis parti de chez HMY en décembre 2012, en très bons termes.
Et le 30 avril 2013, j’ai racheté les 3 sociétés (une par activité) : 2h30 de signatures d’une valise de documents chez un avocat !!
Je me suis entouré d’un expert-comptable, de banques ; avec mon parcours et la solidité de l’entreprise BEAUJARD, il n’y avait pas de soucis pour la reprise.
La société était saine, mais l’activité était calme à cause de la crise. Il y avait, et il y a toujours, de quoi développer cette entreprise qui possède un très beau parc de machines qui n’était utilisé qu’à 40%. Avec 2 400m² de superficie, l’atelier est un très bon outil de travail avec un fort potentiel de développement sans gros investissement urgent, Monsieur BEAUJARD ayant investi récemment 350 000 euros dans des machines. Néanmoins, s’il faut investir, je le fais ; par exemple pour une machine de collage du verre par UV pour du mobilier avec des vitrines. Monsieur BEAUJARD m’a accompagné pendant 3 mois quand j’ai repris son affaire afin de me présenter ses clients, ses sous-traitants…

J’ai gardé tout le personnel et celui-ci est resté ; soit 25 personnes en avril 2013. J’ai tenu également à conserver le nom de l’entreprise afin de ne pas dérouter les clients. A mon arrivée, j’ai proposé aux quatre cadres salariés de l’entreprise de s’associer en prenant part au capital ; ils ont tous les 4 accepté. J’étais content de leur confiance. Et au bout d’un an, je suis assez satisfait car tout le personnel est resté, c’est que ça se passe bien…

CCJ : Comment s’est passée cette première année ?

F.R. : En ce qui concerne le personnel, l’entreprise est passée de 25 à 35 salariés en un an.
En premier lieu, j’avais besoin d’un bon chef d’équipe menuisier, Monsieur BEAUJARD assurant cette fonction auparavant et moi, je souhaitais me consacrer au côté commercial pour développer mon entreprise. J’ai ensuite recruté des personnes avec des compétences sur les machines à commandes numériques afin de libérer les personnes du bureau d’études qui s’en occupaient avant. Elles ont ainsi pu se consacrer à leur métier et une personne supplémentaire a été embauchée pour le bureau d’études. Ensuite, nous ont rejoint des menuisiers pour l’atelier, pour la pose sur site et des apprentis. L’équipe de pose est composée de 10 personnes et il peut m’arriver d’avoir recours à de la sous-traitance si j’ai plusieurs chantiers la même semaine ou en cas de très gros chantier. Je suis vigilant et ne m’adresse qu’à des sous-traitants que je connais afin d’assurer toujours la même qualité.

Pour le commercial, une personne s’occupe des clients particuliers, deux chargés d’affaires des clients historiques et moi de trouver des nouveaux clients. Des clients avec une enseigne et une implantation nationale permettent d’assurer un bon niveau de chiffre d’affaires.
En un an, nous avons ainsi augmenté le chiffre d’affaires de 50%.

CCJ : Quels sont vos types de clients ?

F.R. : Notre polyvalence nous permet de nous adresser à tous types de clientèle. Nous nous adressons à tous types de commerce soit directement, soit par le biais d’architectes avec qui nous travaillons. Nos clients sont des surfaces de ventes comme la FNAC, les Galeries Lafayette, des agences bancaires, Total, L’Oréal… pour qui nous intervenons pour tout ou partie d’une surface de vente. Nous avons, par exemple, répondu à un appel d’offres pour la FNAC afin d’effectuer l’aménagement de la zone « petit électroménager », ce référencement nous a permis de réaliser 40 de ces zones dans des magasins FNAC. De même, nous avons été référencés pour la zone  « lingerie » des Galeries Lafayette. Mais je tiens également à répondre à de plus petits marchés, une boutique ne faisant pas partie d’une enseigne nationale par exemple et si un particulier désire quelques meubles sur mesure pour son salon, nous sommes là pour y répondre. Il ne faut négliger aucun client.
Nous sommes aussi maintenant le partenaire privilégié des « Boucheries tricolores », nous avons installé 8 boucheries avec une surface de vente de 200 à 300 m² et 3 ou 4 autres sont à venir.
L’un de nos clients est « Le furet du Nord », une enseigne de librairies multimédias qui a dépassé les frontières du Nord et possède maintenant plusieurs surfaces de vente à Paris.

Nous voulons également développer une clientèle de maisons de retraite, boulangeries, bijouteries qui ont des demandes spécifiques (vitrines) pour lesquelles nous nous sommes équipés.

                  BEAUJARD SALON COIFFURE BEAUJARD PROMODIS BEAUJARD GALERIES LAFAYETTES

 

CCJ : Comment envisagez-vous de continuer à croître ?

F.R. : Je crois au fonctionnement par réseau. Je n’hésite pas à participer à des réunions, à aller voir des gens… Cela forme un réseau de connaissances qui, à un moment ou à un autre, a forcément des retombées sur les affaires.
J’envisage éventuellement la croissance externe par le rachat d’un portefeuille de clientèle ou d’une entreprise sous-traitante si l’opportunité se présente.
Autre possibilité de développement, étudier une opportunité de louer des locaux supplémentaires à proximité de notre usine pour y faire un nouveau show-room plus grand pour les cuisines et salles de bains.

Pour Monsieur RICHARD, beaucoup de solutions sont envisageables pour défier la crise !